#05 - La côte uruguayenne

Du Rio de la Plata à l'Océan Atlantique, de Montevideo à la frontière brésilienne, découverte de la surprenante côte uruguayenne
Du 20 au 25 juillet 2019
6 jours
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Après avoir récupéré le Concorde, il nous faut quelques jours pour préparer le motorhome aux routes sudaméricaines. Vider les soutes, trier, ranger... chaque objet doit (re)trouver sa place. Pas toujours facile à concilier.

Quelques réparations doivent aussi être faites : le groupe électrogène, qui n'avait pas voulu se mettre en route la veille du départ du Concorde sur le bateau. Et le vérin hydraulique avant droit, qu'on avait dû réparer sur le parking à Anvers, mais qu'on n'avait pas encore pu tester.

Nous avons donc choisi 'La chacra holandesa', une petite ferme à quelques kilomètres de Montevideo. Jan et Marieke, venus des Pays-Bas, s'y sont installés il y a quelques années et accueillent les 'overlanders' qui sont sur la route. Ils y ont aménagé une petite infrastructure de camping, simple, mais propre et calme. Ce qu'il nous faut pour retrouver nos marques.

Santiago... et Schnitzel
Santiago... et Schnitzel
On profite des températures estivales (22°c !) pour manger en  terrasse

Nous sommes en pleine campagne, entourés des chevaux et des poules de la ferme. Il y a aussi notre voisin, 'Schnitzel', un énorme cochon qui se régale des restes de nos repas. Et puis la faune, et particulièrement les oiseaux, qui habitent les prairies qui nous entourent à perte de vue.

Petite balade à cheval pour Mateo et Catalina 

Après avoir vécu dans deux capitales, deux immenses villes, c'est bon de retrouver le calme et la nature. Les enfants en profitent pour courir, découvrir tous les trésors que recèlent les alentours, et sortir leurs jeux et leurs livres qu'ils avaient laissés dans le motorhome il y a plus d'un mois. Edna s'occupe de l'aménagement intérieur tandis que Ludovic prépare les soutes, bricole et répare la mécanique. Enfin, il essaie ! Malgré une assistance technique à distance avec Grapy et Philippe, il n'arrive pas à réparer la panne sur le groupe électrogène. Il arrive à le faire le démarrer, mais à l'envers. Pas moyen qu'il démarre quand il est en bonne position. Il finit par jeter l'éponge, après tout, le groupe électrogène n'est pas indispensable au voyage et on trouvera bien un mécano sur la route qui pourra nous le bidouiller. Même constat pour la lampe de chevet de Catalina, qui est défectueuse : c'est une panne électrique, et malgré l'assistance à distance de Gérald, on n'a pas encore pu localiser la panne. On s'en approche, mais il faut encore y travailler... Petite victoire quand même, le vérin hydraulique fonctionne à merveille !

La Chacra Holandesa

Camino a Parque del Plata - Atlántida

www.la-chacra-holandesa.com

500 pesos uruguayens/ nuit (environ 10 EUR)

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Il parait que c'est de cette pointe qu'on peut admirer le plus beau coucher de soleil d'Uruguay. Il parait même que, de ce même endroit, on peut admirer le plus beau lever de soleil du pays. Il parait aussi qu'on peut y apercevoir des baleines...

Les baleines, on ne les a pas vues. On est probablement trop tôt dans la saison. Mais pour les deux autres, on était bien placé. On a vu le coucher et le lever du soleil. Seuls face à l'océan qui nous entoure.

Une vue à 270 degrés sur l'océan ! 

Le coucher de soleil, c'est de la Casa pueblo, située juste à côté, que nous l'avons admiré. Nous voulons dormir sur place pour être prêts le lendemain matin. Mais il y a trop de vent. Ça risque de secouer un peu et ce ne sera pas confortable. On s'enfonce donc de quelques centaines de mètres à l'intérieur des terres pour s'abriter. Au lever du jour, tout le monde est encore dans son lit. Doucement, Ludovic déplace le Concorde et vient se placer sur la pointe de la presqu’île. De toutes les fenêtres du motorhome, on voit la mer. Une vue à 270 degrés sur l’océan. Il fait calme et on n'entend que le vent. Le soleil se lève, doucement. Quelques uns sortent dans le vent pour se rapprocher de la mer. L'instant est inoubliable.

Une pub pour une marque de chaussures ?
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Carlos Paez Vilaro est un artiste urugayen de renommée internationale. Voyageur dans l'âme, il a parcouru la planète pour trouver l'inspiration. Il a travaillé et rencontré les plus grands : Picasso, Che Guevara, Fidel Castro, etc. Nous aussi, sans le savoir, nous l'avions déjà croisé, au Musée Andes 1972 de Montevideo. Son fils est un des rescapés qui a survécu au crash du vol 571 dans la Cordillère des Andes.

Le soleil est sa principale source d'inspiration, puisqu'on le retrouve partout dans son oeuvre. Mais sa plus grande oeuvre, c'est la Casapueblo, une gigantesque maison-atelier-oeuvre d'art. A flanc de colline, sur la Punta Ballena, elle fait face à la mer et au plus beau coucher de soleil...

La visite est intéressante, mais un peu courte. Un petit film autobiographique retrace le parcours de l'artiste et on explore quelques pièces où sont exposées quelques unes de ces oeuvres. Mais on a envie d'en savoir plus. La principale attraction de la Casapueblo, c'est son coucher de soleil. Et c'est vrai qu'il est magnifique, vu depuis les terrasses de la maison. Les cars de brésiliens y débarquent d'ailleurs pour l'admirer. Ce qui gâche un peu le moment...

Avec sa Casapuablo, Carlos Paez Vilaro a trouvé un bon filon pour rentabiliser son travail : une entrée un peu chère, qu'on imagine peu accessible pour les uruguayens, des œuvres qui sont toutes en vente, une cafétéria et des dizaines de reproductions proposées à la vente dans chaque pièce du musée... Mais bon, le lieu reste magique, et après tout, un artiste aussi peut vivre et faire vivre son travail... mais on est un peu resté sur notre faim !

Casapueblo

Calle Mar de Liguria - Punta Ballena (Uruguay)

www.casapueblo.com.uy

Tarifs : 300 UYU (environ 7,50 EUR) - gratuit pour les moins de 12 ans


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Qu'est ce que j'aime la mer quand on est hors-saison !

Quand nous avions quitté Montevideo, Luis, notre fournisseur de gaz, nous avait conseillé : «Il faut suivre la cote à partir de Piriapolis. C'est très beau» avait-il dit ! Et il était en dessous de la vérité !

A partir de Piriapolis, on peut voyager sur la cote urugayenne jusqu'à la frontière brésilienne, pratiquement sans quitter le bord de mer.

Et les routes sont superbes ! On voit la mer à perte de vue. Le temps n'est pas au beau fixe, on alterne les éclaircies et les gros nuages gris. Le vent est toujours de la partie. Mais qu'est-ce que c'est beau ! D'un côté, le large, de l'autre côté, de très belles maisons : parfois très grandes et très luxueuses, parfois très simples et délabrées, avec des styles très différents, mais une belle harmonie. Et un point qui les relie : la nature. La côte est très sauvage. Les maisons sont toujours entourées d"abres ou de plantes.

Même Punta del Este, la grosse station balnéaire qui a vu fleurir des dizaines d'immenses buildings parfois très modernes (même une 'Trump Tower' !), a su garder un front de mer agréable...

Punta del Este 

Et l'on se rend compte de la frustation de voyager sur la route. Impossible de s'arrêter tous les 100 mètres pour prendre une photo. Seuls les souvenirs de tout ce qu'on a vu le long de cette côte restera dans nos mémoires. Beaucoup ont échappé à l'objectif de notre caméra. Mais c'est ce qui rend ces lieux encore plus beaux.

Et on est hors-saison. Piriapolis, la première vlile que nous rencontrons, à des allures de ville fantôme. Cela lui donne une allure mystérieuse. Même le MacDo affiche : "Nous vour retrouverons l'été prochain" ! Nous nous arrêtons devant l'échoppe d'un pêcheur, qui nous vend sa pêche du jour. Elle sera délicieuse.

Les 4 fantastiques ? 
La plage de La Paloma 

Certaines parties de la côté ont un petit air de bout du monde : rien ! Pas d'autre voiture à l'horizon. De temps en temps, une cabane sur le bord de la route. Route qui se transforme en gravier, puis en terre battue... Et c'est là, au milieu de nulle part, que nous croisons notre premier gaucho. Le cowboy urugayen dirige ses quelques vaches, assis sur son cheval, le béret vissé sur la tête. On laisse passer devant nous un mythe. Égal à ce que nous avions imaginé. Nous sommes seul avec lui. Il nous fait un signe de la main et continue son chemin. Et nous le nôtre. Moment magique.

Et puis il y a des infrastructures surprenantes, comme ces ponts. Le premier joue les montagnes russes : il monte et puis descend. Le second tourne en rond : arrivé au milieu du pont, une voie tourne à droite, l'autres tourne à gauche, pour décrire un cercle parfait au milieu de l'eau : un rond-point au dessus d'une rivière. Surprenants ces architectes uruguayens !

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Cabo Polonio est une réserve naturelle située au bout d'un cap. Pour y arriver, pas question d'y aller en motorhome. Nous avons deux possibilités : y aller à pieds (8 km, et d'après ce qu'ils nous disent à l'entrée du parc, il n'y a rien de spécial à voir en chemin) ou y aller en camion. Mais pas n'importe quels camions : des immenses camions, aussi vieux qu'increvables, 4x4 (ou 6x6 ou 8x8 selon le nombre de roues)... Parce que, forcément, pour aller au "Cabo", il n'y a pas de vraie route, il faut passer les dunes et traverser la plage...

Ce qui fait l'attrait particulier de ces camions, ce sont les places VIP, situées sur le toit, juste au-dessus de la cabine... Vous ne devinerez jamais ce qu'on a choisi : à pieds ou en camion ?

Cabo Polonio, c'est aussi un hameau, fait de bric et de broc, de petites cabanes qui se sont transformées en chambre d’hôtes, en petit resto, commerces, bars, etc. Un charmant imbroglio de couleurs, d'objets de récupération, de bricolages en tous genres... Quand nous y allons, tout est fermé, hors-saison oblige...

Et puis sur la pointe de la pointe, il y a un phare, qui domine le cap. Et au pied du phare, une colonie de "loups de mer", les otaries. D'après le gardien du phare, elles seraient près de 150.000 dans le coin. Étendues sur les rochers du cap ou sur l'île située juste en face.

Nous passons quelques heures sur place, à observer les otaries, à déambuler dans les rues désertes, à essayer d'échapper aux chiens errants (qui fileront une grosse frayeur à Manuel), à grimper les 132 marches qui nous mènent au sommet du phare, à longer la plage en improvisant un concours de ricochet, à sauter au-dessus des immenses flaques pour retrouver notre chemin.... et à remonter sur le toit du camion pour rejoindre l'entrée du parc. Une chouette journée, pleine de surprises au grand air...

Cabo Polonio

Entrée gratuite

Transport en camion : environ 3 EUR/personne/trajet

Visite du phare : 0,75 EUR/personne

Parking : environ 5 EUR/24h


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A quelques kilomètres de la frontière brésilienne, le Parque Santa Teresa est un immense parc géré par l'armée uruguayenne. Au départ, on ne devait pas vraiment s'y arrêter, mais comme on cherchait un endroit pour passer la nuit, on s'est dit que dans un lieu occupé par les militiares, on devait être en sécurité !

Et bien on ne regrette pas de s'y être arrêté ! D'abord parce que le parc est superbe et très bien entretenu. On a pu s'y balader en motorhome, sur des petits chemins en lacets, entourés d'une très belle végétation. Ensuite parce que les infrastructures de camping sont nombreuses et nous ont permises de nous ravitailler en eau. Enfin, parce que le lendemain matin, nous avons profité du refuge pour animaux qui présente plein d'animaux inconnus pour nous !

Nous voulions avancer sur notre parcours, et la pluie qui s'est mise à tomber ne nous a pas incitée à rester. Mais c'est sûr, le Parque nacional Santa Teresa mérite une exploration plus approfondie : plages, etc.

Parque nacional Santa Teresa

http://turismorocha.gub.uy/atractivos/aire-libre/parque-nacional-santa-teresa

Enrée gratuite

Camping sur le site : 180 pesos (environ 4,50 EUR)/personne/nuit - gratuit pour les moins de 12 ans.


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Bientôt, nous quitterons l'Urugay. Un pays que nous avons découvert : entre Montevideo qui nous a déplu et la côte vers le Brésil qui nous a enchanté ! Le premier pays qu'on quitte définitivement sur notre parcours. Un pays qu'on ne reverra peut-être pas de si tôt, puisque situé en dehors des circuits touristiques... Adios Uruguay !

La frontière brésilienne, on y est bientôt. Cela fait quelques jours qu'on la prépare. Psychologiquement ? Pas vraiment (quoique ?). Physiquement ? Non plus. Gastronomiquement ? Certainement !

C'est vrai que nous sommes impatients de connaitre les richesses culinaires brésiliennes, mais ce n'est pas cela qui nous turlupine depuis quelques jours. Ce qui nous préoccupe, c'est le contrôle douanier ! On nous a dit qu'on ne pouvait pas passer la frontière avec des produits frais comme ded oeufs, viandes, légumes, fruits, produits laitiers, etc. En fait, on ne sait pas vraiment ce qu'on peut et ce qu'on ne peut pas. On a donc décidé de vider tout notre stock. On jongle avec les menus pour liquider le contenu de notre frigo, des fois que le douanier soit tatillon !

Le passage de la frontière entre l'Uruguay et le Brésil est notre première frontière terrestre sur le continent. Elle se fait en deux temps : d'abord la sortie de l'Uruguay (on tamponne les passeports, on exporte notre véhicule). Ensuite, quelques kilomètres plus loin (entre les deux, la ville de Chuy, dont on ne sait toujours pas si elle est uruguayenne ou brésilienne, mais on en a profité pour faire le plein, côté brésilien donc, puisque c'est moins cher !). Ensuite, l'entrée au Brésil (on tamponne notre passeport et on importe temporairement le véhicule)...

Et je dois bien dire qu'on a été déçu par la frontière brésilienne. Non pas que ce fut difficile, au contraire, l'employée des douanes a été charmante. Mais quand même ! Quand on arrive au Brésil, on s'attend à une plage de sable fin, des brésiliennes qui dansent la samba avec des plumes, de la caipirinha, du soleil, de la chaleur ! Mais ici, RIEN ! Juste un ciel gris et une pluie battante ! Un peu comme le poste frontière de Sterpenich une journée maussade d'automne !! Bonjour l'exotisme !