#04 - De Colonia à Montevideo

De Colonia del Sacramento, ville classée au Patrimoine de l'Unesco, à la capitale Montevideo, où arrive notre motorhome...
Du 11 au 19 juillet 2019
9 jours
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Le Centre historique de Colonia del Sacramento est classé au Patrimoine mondial de l'Unesco. A 1h de bateau de Buenos Aires, c'est aussi une destination touristique de premier ordre pour les Porteños. Heureusement, nous y arrivons en hiver et en semaine. La ville est donc tranquille et agréable. Quel changement par rapport à Buenos Aires ! Passer de la trépidante capitale à un village, tout le monde est d'accord : cela fait du bien ! On respire, tout est calme, presque pas de voitures...

La quiétude d'un village 

Il ne faut pas plus d'une demi-journée pour visiter Colonia. Le soleil est de la partie. Nous flânons donc dans la partie historique de la ville (et heureusement parce que, ce que nous avons vu de la partie 'moderne' est horrible : des moches et vieux bâtiments, des détritus partout... on a fait demi-tour), en commençant par le bord de fleuve. Ne dites pas bord de mer, même si ici, cela y ressemble : rien n'accroche la vue à l'horizon (à part quelques îles), de l'eau à perte de vue... Mais le Rio de la Plata est si large qu'on ne voit pas l'autre rive.

Promenade sur le bord de fleuve... 

La promenade est agréable, on arpente les pontons et les embarcadères. On prend le soleil sur les berges... avant de s'enfoncer de quelques rues dans le cœur historique. Le parcours est tout aussi plaisant : murailles, canons, bâtisses d'époque, rues pavées centenaires... et le vieux phare qui veille sur les marins et la ville depuis des siècles. Il fait bon vivre par ici... d'autant plus que la plupart des rues sont interdites aux voitures.

Colonia : le phare, les rues pavées et les vieilles bâtisses 

Nous faisons une pause de midi dans un café pour déguster une 'picada' (assortiment à grignoter : jambons, saucissons, fromages, loempia, calamars frits, etc.). Et bien sûr, la petite glace que nous avions promis aux enfants, qui avaient été irréprochables lors de notre départ de Buenos Aires. Rejoindre le port en métro avec tous nos bagages n'était pas une mince affaire : grands sacs à dos pour les plus forts, petit sac pour les moins costauds, voire les deux pour les forts et costauds... un vrai convoi qui ne passait pas inaperçu dans les rues de Buenos Aires... Dommage que nous n'avions plus une main de libre pour prendre une photo !

Mais bon, ici à Colonia, nous étions tranquillement sur le bord du fleuve à manger notre glace !

Pour loger, nous avons choisi une auberge de jeunesse dans le centre historique de Colonia. Une chambre de 4, dans laquelle nous avons ajouté un lit d'appoint. On est un peu serré, mais on y est bien. Le petit déjeuner est simple mais bon. On n'avait pas besoin de plus.


Chambre à 4 lits + lit d'appoint + personne supplémentaire : environ 85 EUR/nuit pour 6 pers. (petit déjeuner inclus).


Hostel & Suites del Rio

Rivadavia 288 - Colonia del Sacramento

https://www.hosteldelrio.com/fr-fr

Hostel & Suites del Rio 
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Le jour où on arrive à Colonia, il est tard dans l'après-midi et tout le monde a faim. On cherche donc au plus proche pour rassasier les troupes qui avaient quitté Buenos Aires chargées comme des mules. On s'assied donc sur la terrasse d'un restaurant un peu exubérant : écrans géants de télévision, grandes affiches publicitaires... tout pour ne pas nous plaire. Mais on a faim.

Un plat attire notre attention sur la carte : el chivito. Edna demande si c'est de la viande de chèvre ('chiva' en espagnol), mais la serveuse, très sympa, se met à rigoler. Elle nous explique. Imaginez une première couche de légumes : salade russe (petits pois, carottes, betteraves rouges et pommes de terre à la mayonnaise), tomates, laitues, cœurs de palmiers, pickles (poivrons au vinaigre). Jusque là, c'est plutôt bien parti, et c'est sain ! Cela ne va pas durer !

La deuxième couche est exclusivement composée de frites. Et elles recouvrent tout le reste ! Çà se corse... La dernière couche, ce sont deux grands steaks uruguayens, recouverts de jambon et de lard, et aussi de fromage fondu... Et la touche finale : deux œufs sur le plat. On n'a pas trouvé d'autre mot pour qualifier ce plat : c'est crapuleux ! Mais on l'a commandé, on l'a savouré, on l'a dévoré et on ne l'a jamais regretté !

Chivito 

On ne le savait pas encore, mais on avait touché au plat national uruguayen ! Le 'Chivito', on le trouve dans tous les restaurants du pays, avec différentes formules : sur l'assiette ou dans un pain. On n'y a pas été, mais on est sûr qu'au MacDo aussi, ils doivent avoir une formule de chivito !

Chivito dans un pain, pour Santiago.
Manuel a l'air d'apprécier !
Poulet, pickles de poivrons et purée de courges pour Manuel

Agréable surprise au moment de l'addition : si on paie le repas avec une carte de crédit étrangère, on ne paie pas de taxes ! Cela fait quand même une différence de 18% en notre faveur. Même si on trouve cela injuste pour tous les uruguayens qui paient le prix plein...

Finalement, on reviendra encore au Restaurant Mercosur prendre un plat à emporter : un 'choripan' (le pain-saucisse). Rassurez-vous, ce n'était pas le même jour ! Il nous aura fallu une journée entière pour oublier le Chivito !

Choripan à emporter
Mateo apprécie
Choripan à emporter 

Restaurante Mercosur

General Flores 252 - Colonia del Sacramentos

http://www.restaurantemercosur.com/

Chivito gigante (annoncé pour 2 personnnes, mais on partage facilement le plat entre 3 ou 4 personnes) : environ 20 EUR.

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Montevideo est une étape obligée pour nous. C'est en effet dans le port de la capitale uruguayenne qu'arrive le cargo Grande Francia et notre motorhome. On est donc impatient d'y arriver. C'est un nouveau chapitre de notre voyage qui s'écrit.

L'arrivée à Montevideo n'est pas la plus agréable qu'on ait vécu. Nous avons pris un bus, certainement confortable, mais qui, au bout des 3 heures de voyage, s'est rempli de passagers qui ont fini le trajet debout. Dehors, la météo est exécrable : pluie et brouillard. Les vitres du car sont emplies de buée. On n'a donc rien vu de la route qui traverse la campagne.

La seule photo d'un appartement qu'on a envie d'oublier

Cerise sur le gâteau, le logement que nous avons réservé sur AirBnB est horrible, à l'image du quartier où il est situé : sale et mal entretenu, voire insalubre. De plus, il est glacial. Les températures sont très basses et il n'y a pas de chauffage. Nous nous réfugions donc tous dans la seule pièce chauffée de l'appartement. Et on se promet qu'on y passera le moins de temps possible, en attendant de trouver autre chose. Seule consolation qui fait le bonheur des enfants : le wifi marche bien et il y a Netflix sur la télé ! On accueille donc aussi la télé dans notre pièce chauffée...

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C'est une belle découverte que nous avons faite à Montevideo, dans le cœur historique de la ville. Tout le monde connaît cette histoire : en 1972, une équipe de rugby uruguayenne prend l'avion pour Santiago du Chili. Leur avion s'écrase dans la Cordillère des Andes et ils survivront pendant 72 jours dans les montagnes avant de partir à la recherche des secours. Ce qui a rendu célèbre cet accident : le fait que les survivants ont mangé la chair humaine de leurs congénères pour survivre.

Un documentaire et un film rendent hommage aux "Survivants" du vol 571

Le Museo Andes 1972 rend hommage à ces hommes et ces femmes qui ont vécu cette aventure (sur)humaine. Des 45 passagers, seuls 16 ont survécu. 15 d'entre eux sont encore en vie aujourd'hui. Tous les faits relatés dans le musée sont basés sur le travail de Piers Paul Read, un écrivain qui a regroupé tous les témoignages et toutes les informations dans son livre 'Les Survivants' dont un film américain s'est inspiré en 1993 "Alive".

La chaussure d'enfant : le symbole de la paire qui doit toujours être réunie
Une radio comme celle qui leur permettait de rester informer

Le musée est tout petit, mais très émouvant. Savoir ce qu'ont vécu ces survivants et les décisions importantes qu'ils ont du prendre (manger leurs camarades qui venaient de mourir !) inspire le respect. Sur 45 passagers, 17 sont morts dans le crash, 12 autres mourront dans les deux mois qui ont suivi le crash, notamment dans une avalanche. Le seul moyen de contact des rescapés avec la civilisation : une petite radio portable qui capte sans pouvoir émettre. Quelques jours après le crash, le groupe apprend que les recherches ont été abandonnées. On les considère comme mort. Cette nouvelle est un tournant dans leur survie et cela leur a probablement sauvé la vie : ils savent qu'à partir de ce moment, ils ne peuvent compter que sur eux-mêmes et ls devront affronter le froid (jusqu'à -30°c), l'altitude (3600 m) et la faim... Ils survivront pourtant encore pendant 72 jours.

Vêtements fabriqués à partir du tissu des sièges
Sacs de couchage en isolant trouvé dans la queue
Les pièces  récupérées après le crash

Petit à petit, les rescapés s'organisent et partent à la recherche de solutions : 17 explorations sont tentées. Ils retrouvent des débris de l'avion, notamment la queue qui a été arrachée et qui leur a permis de récupérer l'isolant qu'ils transforment en sac de couchage.

Après 62 jours, la dernière expédition est mise en place. Ils sont trois à partir chercher les secours. Quelques jours plus tard, un rescapé revient à l'avion : il annonce que les autres ont continué la recherche. 10 jours plus tard, les deux émissaires rencontrent un berger dans les montagnes du Chili : ils sont sauvés ! Les hélicoptères sont envoyés pour récupérer leurs camarades restés à l'avion. Le monde entier reçoit la nouvelle ! Il y a des survivants. Incroyable !

Une statue du berger qui a recueilli les 2 rescapés, et les coupures de la presse internationale de l'époque 

Sur place, toute une série d'objets, de vidéos et de panneaux expliquent l'exploit. Mention particulière aux guides du musée qui nous ont transmis, avec passion, leurs connaissances (en français de Lille !).

Il ne nous restait plus qu'une seule envie après la visite : lire le livre et revoir le film...

Museo Andes 1972

Rincón 619 - Montevideo

https://www.mandes.uy/esp/index.html

Entrée : 200 UYU (environ 5 EUR) - gratuit pour les moins de 12 ans

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Montevideo n'est pas une ville élégante. Il lui manque ce petit quelque chose de plus, qui lui donnerait un attrait particulier. Nous avons l'impression que les rues sont mornes et sans grand intérêt. Souvent sales aussi, en dehors du cœur historique. Il nous a fallu quelques jours avant de l'apprécier.

Casco viejo, c'est le centre historique de Montevideo. Nous nous y baladons un samedi après-midi. Pourtant, les magasins sont fermés et les rues sont presque vides. Curieux.

Palacio Silvio
Plaza Independencia
Sous la Plaza, un mausolée en hommage au Général Artigas, le libérateur !

On profite du 'Mercado del Puerto' pour faire une petite halte à midi. On n'en sort pas très emballés ! Pourtant, la viande qu'on nous a servie est bonne, le chimichurri (sorte de vinaigrette, composée d'huile, d'herbes et d'ail qui accompagne la viande) est le meilleur qu'on ait mangé. Mais ce qui nous a dérangé dans le Mercado del Puerto, c'est l'aspect touristique. On avait l'impression de se retrouver dans la petite rue des bouchers, à proximité de la Grand-Place de Bruxelles : prix élevés, service pas terrible, rabatteurs pour nous inciter à nous asseoir... On n'en garde pas un souvenir extraordinaire.

Le meilleur chimichurri...
L'horloge du Mercado del Puerto
Mercado del puerto : appétissant mais trop touristique 

Le "mirador panoramico" est un des édifices les plus hauts de la ville (accès gratuit). Depuis son sommet, on peut apprécier une vue à 360 degrés sur la ville de Montevideo.

Salle de gym sur le toit d'une école
Punta Carretas, une pointe verte qui s'enfonce vers le Rio
Vue en direction de la vieille ville
Le port, par lequel arrivera le Grande Francia

Après quelques jours dans notre horrible appartement, on trouve une solution de rechange à proximité du Teatro Solis. Un petit hôtel - auberge de jeunesse avec vue sur le splendide théâtre. On y loue une suite de 2 chambres : on est enfin à l'aise ! L'hôtel est vieillot (c'est même cultivé, avec des objets vintage dans tous les coins), mais c'est chaleureux, propre et accueillant. On se sent chez soi, comme dans une pension de famille. Et puis surtout, il y a du chauffage !

On profite aussi de la cuisine pour se préparer un vrai repas : des lentilles avec du riz ! Ça fait du bien. Depuis notre départ de Buenos Aires, et l'appartement AirBnb où l'on n'avait pas envie de cuisiner, on a enchaîné les restos : viandes, chorizo et hamburgers... on en a un peu marre ! Rien de tel qu'un bon plat familial ! On s'est régalé.

Hotel Splendido, avec vue sur le Teatro Solis 

Hotel Splendido

Apartamento (2 chambres avec salle de bain) : environ 73 EUR/nuit pour 6 personnes.

Chambre de 6 personnes (avec salle de bain commune) : environ 53 EUR.

Pas de petit déjeuner, mais une cuisine commune.

Bartolomé Mitre 1314 - Montevideo (face au Teatro Solis)

www.splendidohotel.com.uy

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Le Teatro Solis est le théâtre le plus important d'Uruguay. On y joue de la musique classique, de l'opéra, de la danse, mais aussi du théâtre. Avec sa salle principale, qui accueille les grands événements, et une salle plus intime, il se positionne en véritable centre culturel pour les habitants de Montevideo, mais aussi du reste du pays, puisque sa troupe de théâtre joue en décentralisation dans les autres salles d'Uruguay.

Teatro Solis

Le Teatro a été construit en 1850. Ce sont des actionnaires privés qui l'ont fait construire, pour "donner une grandeur à la ville de Montevideo". D'abord en accueillant des artistes européens, puis, petit à petit, en promotionnant les artistes sudaméricains et uruguayens.

La salle principale est disposée 'à l'italienne', c'est-à-dire un parterre et une série de balcons qui s'élèvent, pour lui donner une majestueuse ampleur.

La salle principale
La petite salle
Les deux salles du théâtre... 

Nous avons suivi la visite guidée qui, en 45 minutes, nous montre rapidement les 2 salles de spectacle. C'est bon de se retrouver dans une salle de théâtre. Après le Teatro Colon, de Buenos Aires, que nous n'avions pas pu visiter, nous sommes contents d'avoir pu découvrir son homologue uruguayen.

Teatro Solis

Visite guidée : 90 pesos uruguayens (un peu plus de 2 EUR).

Visites gratuites les mercredis.

https://www.teatrosolis.org.uy/

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Aujourd’hui, il fait beau. Frais, mais beau. Nous marchons une quinzaine de pâtés de maisons avant d'arriver à la plage de Pocitos. La plage est immense et décrit un arc de cercle, formant une petite baie. Avec le soleil et le ciel bleu, c'est magnifique. Nous nous baladons, toujours en bord de fleuve, sur la 'rambla' (la digue). Les enfants s'arrêtent sur quelques engins de fitness (qu'on retrouve un peu partout ici) et nous nous installons sur un petit banc au soleil pour admirer la baie. Quel bonheur de se retrouver ici...

Pendant qu'un concours de ricochets s'organise entre frères et sœur, nous profitons d'un beau soleil. On observe les uruguayens qui se promènent en famille, avec leur chien ou en trottinette électrique... le verre et le thermos de maté sous le bras. Un petit goût de vacances à la mer.

C'est aussi sur la rambla de Pocitos que se trouve le 'Montevideo' en lettres géantes. Petite séance photos de rigueur.

Sur le chemin du retour, nous passons par le port de plaisance avant de nous arrêter dans le restaurant 'La Pasiva', une chaîne de restauration uruguayenne. Nous dégustons de succulents hamburgers 'chivito style' et quelques 'panchos' (hot-dog) pour Catalina.

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C'est le grand jour ! Le jour 1 ! Celui à partir duquel tout va commencer. Celui qui marque le début de l'aventure sur les routes. Celui qui nous fera quitter la ville pour découvrir de nouveaux horizons. Aujourd'hui, notre motorhome arrive à Montevideo !

En fait, il est déjà arrivé la nuit passée. Nous l'avons suivi sur le positionnement GPS de Marine Traffic, et nous avons vu le Grande Francia se rapprocher et entrer dans le port. Notre Concorde est à bord, mais il doit encore être débarqué pour que nous puissions le récupérer. A 9h30, Ludovic se présente dans les bureaux de KMA, la firme représentant l'armateur Grimaldi en Uruguay. Il est trop tôt ! Le déchargement n'est pas encore terminé. Revenez à 14h ! Nous faisons la connaissance d'une famille française qui, elle aussi, vient chercher son camping-car. On promet de se revoir l'après-midi.

A 14h, c'est bon, le Concorde est débarqué, il a son numéro d'emplacement et on peut aller le récupérer. Facile à dire. Une série de démarches administratives nous attend. En compagnie des 'Dodos à l'ouest' (la famille française originaire de Nantes), nous passons donc d'un bureau à l'autre : vérification des papiers, constitution d'un dossier, payement, cachet, etc. La liste est longue, et on ne comprend pas toujours à quoi cela sert. Mais on le fait. Cela laisse le temps de faire connaissance avec nos nouveaux amis : Pauline et Nicolas, avec leurs 3 enfants (Lucas, Thomas et Martin) ont un projet d'itinéraire similaire au nôtre, mais dans un ordre différent.

Au bureau des douanes, nous patientons plus d'une heure en attendant la seule et unique personne qui peut signer nos papiers. Le groupe s'élargit, avec deux couples d'allemands qui viennent récupérer leur véhicule. Ludovic joue les traducteurs pour toute la bande.

On va y arriver !

Vers 16h, les choses s'emballent : les papiers sont signés, on peut continuer ! Mais les entrepôts du port ferment à 16h30. Si on veut récupérer le concorde aujourd'hui, il va falloir se dépêcher : Edna négocie avec le gardien du port pour qu'il nous fournisse un laissez-passer. Il ne peut pas. Coup de fil au responsable de l’entrepôt. Lui, il peut donner l'ordre. C'est fait. On peut rentrer. Mais l’entrepôt est à 3 km de l'entrée du port. Vite, trouver un taxi, sinon il sera trop tard. On trouve le taxi. On dit au taxi qu'on est pressé. Il appuie sur le champignon. Avec Nicolas, Ludovic arrive chez Tamer, l'entrepôt n°25. On y croise Georg, l'allemand qui, par un autre chemin, est arrivé au même point que nous. On trouve le responsable de la livraison. Oui. Oui. Oui. On y est. On a réussi !

Mais non. Il nous manque deux papiers à trouver dans le port. Et il est trop tard, les bureaux sont fermés. Andrès nous explique les papiers qu'il nous faut. Et il donne rendez-vous deux jours plus tard, car demain c'est férié... On arrive quand même à jeter un petit coup d’œil dans l'enclos pour voir nos motorhomes. Ils sont là. Sagement alignés. A nous attendre. Quelle course, et quelle émotion de voir le Concorde si loin de son port d'attache. C'est presque irréel. Incroyable.

Il nous attend, bien sagement... 

Pendant la journée d'attente, nous sympathisons avec les Dodos : petite promenade dans le centre, crème glacée avec les 7 enfants et puis petit resto, de nouveau à 'La Pasiva'. La soirée est très chouette, on évoque nos voyages respectifs, nos difficultés, nos espoirs, etc. Le courant passe bien et cela fera partie des beaux moments de notre voyage. Seul petit bémol : il faudra quand même que les Français comprennent que la dernière Coupe du monde, c'est la Belgique qui aurait du la gagner ! Je suis sûr que mon boucher serait d'accord avec moi ! Mais bon, passons !

Chouette soirée en compagnie des 'Dodos à l'ouest' 

Vendredi 19 juillet à 8h30. Nous sommes 3 devant l'entrée du port : Georg (Allemagne), Nicolas (France) et Ludovic (Belgique - Liechtenstein). Un véritable commando, déterminé comme jamais : "Aujourd'hui, on récupère notre motorhome !". Nous faisons les 3 kilomètres qui séparent l'entrée du port de l’entrepôt 25, à pieds. Le soleil est à peine levé sur Montevideo et l'activité du port est impressionnante : valse de conteneurs, défilé de camions, amarrages de bateaux gigantesques... On récupère les papiers manquants en cours de route.

Le port de Montevideo au lever du soleil
Ludovic, Nicolas et Georg


Cette fois, c'est bon, tout est en ordre. On a les clés. Ludovic sort le Concorde de l'enclos. Georg sort sont Iveco tout-terrain aussi. Problème pour Nicolas : son camping-car est bloqué par un véhicule espagnol qui ne veut pas démarrer. La batterie est morte. On discute. On spécule. Va-t-on le pousser, le remorquer, le tirer ou le câbler ? On essaie un peu de tout cela, et finalement le camping-car français est libéré ! Le passage aux douanes n'est plus qu'une formalité. Mais il aura quand même encore fallu 4 bonnes heures pour sortir du port ce matin.

Ludovic gare le Concorde devant le Splendido Hotel. Il envoie le signal au reste de la famille. Ils peuvent sortir. On peut y aller. Tout le monde sort de l’hôtel avec impatience. On veut revoir notre maison roulante : "Papa, tout va bien ? Il est entier et en bon état ? Pas de vol ?" Le visage des enfants s'illumine quand ils aperçoivent le Concorde. Un moment qu'ils n'oublieront probablement jamais. On est tellement heureux de le revoir. On l'avait quitté à Anvers il y a un mois. Il n'a pas changé ! On a presque envie de le serrer dans nos bras.

Devant l'Hotel Splendido, retrouvailles avec le Concorde... 
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Avant notre départ, on nous avait vanté l'accueil des Uruguayens. On doit bien avouer que, jusqu'ici, on n'a pas été particulièrement surpris par la chaleur de cet accueil. Les rencontres que nous avons faites ont été polies et agréables, mais sans plus. Mais un événement particulier va nous obliger à revoir notre jugement : la recherche de gaz.

Quand le Concorde est sorti du port, il nous restait un défi à relever avant la tombée de la nuit : trouver du gaz. Dans un motorhome, si on n'a pas de gaz, on n'a pas de frigo, pas de réchaud et surtout... pas de chauffage ! Avec les températures basses qu'on avait connues ces dernières nuits, il nous fallait absolument remplir notre citerne de gaz. En Amérique du Sud, les bonbonnes et les embouts de remplissage ne sont pas les mêmes qu'en Belgique. Nous avons donc parcouru toute la région de Montevideo pour en trouver. Pendant 5 heures. Nous avons même été à la source, à l'usine de remplissage d'Acodike, pour qu'ils puissent nous aider. Par chance, l'embout de remplissage belge (ACME) est le même que celui utilisé en Uruguay. La malchance, c'est qu'il n'y en n'a pas dans les stations services et, dans les usines, on ne peut pas rentrer avec un véhicule.

Mon pouvoir d'attractivité

Déjà sur la route, je mesure MON pouvoir d'attractivité. Alors que je roule pépère sur une autoroute, un pick-up me dépasse et klaxonne. La vitre s'abaisse, une main de femme sort et lève le pouce. Waouww, comment ose-t-elle ? Alors que ma femme est juste à côté. Bon, c'est peut-être pas pour moi... Edna est convaincue que c'est pour le motorhome... Moi pas, je garde mes illusions ! Au fur et à mesure qu'on traverse Montevideo, on remarque que les passants se retournent, qu'on nous pointe du doigt et qu'on sourit à notre passage. L'effet Concorde est là ! Impossible à présent de se faire discret. On attire le regard et on l'assume.

Nous étions prêts à abandonner notre recherche, quand un ouvrier de Acodike nous envoie chez un revendeur de bonbonnes. Luis, le patron, n'a pas ce qu'il faut pour remplir notre réservoir. Zut ! Mais il remue ciel et terre pour que cela fonctionne : il fait venir, par taxi, un adaptateur spécial, fabriqué sur mesure à l'usine d'Acodike, pour raccorder sa bonbonne à notre réservoir. Il accorde sa bonbonne de LPG à notre réservoir. Comme cela ne fonctionne pas, il rajoute une deuxième bonbonne de propane en série, pour augmenter la pression. Çà marche ! Petit à petit, l'aiguille de notre réservoir commence à monter. Nous avons du gaz !

2 bonbonnes en série
Bricolage chez Acodike : Luis nous remplit notre réservoir.

Et comme cela n'était pas encore assez, il nous donne de l'eau pour remplir nos citernes. Il nous fait aussi un prix sur le LPG : 58 pesos/kg au lieu de 85. Toute son équipe est émerveillée par notre motorhome. On organise des visites guidées... c'est génial ! Des rencontres comme celles-là, on espère en faire le plus possible. Mais Luis, c'est certain, gardera une place particulière dans nos souvenirs.

Pour conclure l'histoire, après 5 heures de recherche, ce soir-là, on n'a pas eu besoin du gaz... il a fait trop chaud dans le motorhome...