#01 - Le centre de Buenos Aires

Buenos Aires, le "Paris d’Amérique du sud"...
Du 27 au 29 juin 2019
3 jours
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Les premiers jours à Buenos Aires sont froids mais ensoleillés. Il est agréable de déambuler dans cette ville aux larges avenues, dont le style architectural est fortement inspiré des capitales européennes. Le dépaysement n’est pas si grand que cela, et c'est agréable pour se mettre dans le bain de l'Amérique. Ce n'est pas pour rien qu'on surnomme la capitale argentine de 'Paris de l'Amérique du Sud'.

Nos visites sont rythmées par les trajets en métro, les découvertes culinaires et les plaines de jeux, qui permettent aux enfants de se ressourcer après des kilomètres de bitume dans les mollets. Après quelques jours, le temps devient plus maussade, nous forçant parfois à sortir la capuche pour éviter le vent et la bruine.

De manière générale, Buenos Aires est une ville assez bien organisée. Le trafic routier n'est pas aussi chaotique que dans d'autres villes d'Amérique du Sud. Les automobilistes respectent les piétons, et les feux de signalisation. C'est vraiment agréable.

Même si nous somme vigilants, où que nous allions, nous nous sommes toujours senti en sécurité. Nous n'avons pas eu à traverser de quartiers à l'atmosphère pesante ou inquiétante.

La pauvreté est présente. Mais finalement pas beaucoup plus visible que dans nos capitales européennes. La plus grande différence que l'on rencontre, c'est la présence de très jeunes enfants qui font la manche dans le métro. Quand ils passent devant nous, tentant de vendre de petits articles ou demandant de l'argent, on ressent la curiosité et l'inquiétude de nos enfants, qui sont intrigués par ces enfants, parfois plus jeunes qu'eux...

El 'Subte'  : le métro de Buenos Aires est le plus vieux d'Argentine, d'Amérique du Sud et même de tout l'hémisphère sud. 

El Subte de Buenos Aires

Le métro de Buenos Aires est très facile d'utilisation. Toutes les lignes convergent vers le centre de la ville. Une carte 'Sube' permet de charger de l'argent pour payer les trajets de tous les transports en commun (metro, bus 'collectivos' et trains). Seul inconvénient, la recharge ne peut se faire qu'avec des billets (sauf pour les résidents argentins, qui peuvent la recharger depuis le net).


Le tarif des trajets est dégressif, en fonction du nombre de trajets réalisés sur le mois. Les prix varient donc entre 19 pesos (0,40 EUR) et 11 pesos (0,23 EUR).

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Une coupole et des échafaudages : cela vous fait  penser à un palais de justice
Une coupole et des échafaudages : cela vous fait penser à un palais de justice
Devant le Congrès, une statue de femme créée par un Belge.
Devant le Congrès, une statue de femme créée par un Belge.
Un bâtiment original à l'angle du Congrès
Un bâtiment original à l'angle du Congrès
El Congreso 

C'est par la Plaza del Congreso que nous prenons connaissance du centre de Buenos Aires. En plus du Congrès, du Sénat (un très vilain bâtiment, qu'on n'a même pas eu envie de photographier) et des différents bâtiments administratifs, c'est aussi sur la place que se trouve le siège des 'Madres de la plaza de Mayo', une association de femmes qui lutte pour retrouver leurs enfants, disparus lors de la dictature. Le parc qui lui fait face est aéré et agréable, surtout par cette belle journée ensoleillée !

Un arbre aux racines impressionnantes
L'association des Mères de la Place de Mai

Nous commençons à peine la visite, mais nous nous laissons déjà séduire par la première plaine de jeux du parcours. Les enfants en profitent, c'est pas tous les jours qu'on joue devant le Congrès argentin !

Catalina : Le bonnet Ushawa est de sortie...
Balançoire devant le Congrès
Manuel
Edna : le rose lui va si bien...
Mateo
Santiago
Çà balance pas mal... 

De la Plaza del Congreso, une belle et grande avenue rejoint, en ligne droite, la Plaza de Mayo, l'autre lieu du pouvoir, où se trouve la Présidence et le Gouvernement. C'est l'Avenida de Mayo. Vous l'aurez compris, c'est au mois de mai (mayo) 1810 que l'Argentine a obtenu son indépendance !

Avenida de Mayo
Palacio Barolo (sur l'avenida de Mayo)
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Depuis l'Avenida de Mayo, nous prenons la tangente pour rejoindre l'Avenida Corrientes : le broadway de Buenos Aires, où se trouve l'animation nocturne de la ville, ainsi que de nombreux théâtres et salles de spectacles. On y aperçoit déjà l’impressionnant obélisque, symbole de la ville.

Avenida Corrientes 
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Il est déjà midi, et nous nous laissons tenter par une pizzeria argentine de renommée internationale : El Cuartito. Et on n'a pas été déçu. D'abord par le resto et l'ambiance. Aux murs, dans un désordre indescriptible, des portraits de toutes les célébrités qui ont visité ce lieu mythique : en plus des maillots de Maradona, on a même trouvé une photo des 4 Beatles qui seraient passés en 2009 ? Y en a pas quelques uns qui étaient déjà morts ? Allez comprendre. Cela rajoute à la magie du lieu.

Au début de la construction du pays, de nombreux immigrés italiens sont venus en Argentine y chercher un eldorado. Ils ont bien sûr apporté leur culture et leur gastronomie. Et la pizza, en Argentine, cela ne rigole pas. Il y a des pizzerias à tous les coins de rue. On en mange matin, midi et soir. On n'a jamais vu autant de pizzerias, même en Italie !

Nous avons choisi la spécialité de la maison : la pizza 'El cuartito'. On ne sait plus tout ce qu'il y avait dedans, mais là non plus, on n'a pas été déçu ! Le secret est dans la pâte (bien croquante sur le dessous, et bien moelleuse à l'intérieur), mais aussi dans la garniture (bien épaisse et généreuse), et puis la petite touche d'herbes fraîches sur le dessus... Mmmmmh, rien que d'en parler, je salive sur mon clavier...

Difficile d'attendre pour prendre la photo... 

Pizzeria 'El Cuartito'

Talcahuano 943 - Buenos Aires

Grande Pizza (8 portions) : 570 pesos argentin (environ 12 EUR)

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Avant d'aller au Teatro Colón, nous faisons un détour par la Libreria Ateneo : une ancienne salle de théâtre reconvertie en librairie. La salle est superbe, et vaut vraiment le détour. Les livres aussi. Une petite visite par la section jeunesse nous permet de faire le plein de quelques livres pour enfants en espagnol. Une manière pour les enfants de peaufiner leur maîtrise de la langue de Cervantès.

La librairie Ateneo : un  ancien théâtre transformé ! 

Une petite pause sucrée au glacier Volta, nous permet d'apprécier son savoir faire. Vraiment délicieux, particulièrement les parfums mangue-orange et sabayon...

Glacier Volta 

Glacier Volta

Avenida Callao 1402 - Buenos Aires

D'autres boutiques disponibles à Buenos aires

Deuxième arrêt jeu de la journée. C'est devant le Teatro Colon que les enfants se défoulent. C'est aussi la sortie de classe pour les enfants argentins. L'aire de jeux est fort sollicitée.

Catalina, la plus agile de tous... Aucun frère ne peut rivaliser !
Petit moment de faiblesse...
Un peu plus de prudence pour Manuel.
Devant le Teatro Colon 

Le Teatro Colón est considéré comme une des meilleures salles d'opéra au monde. Certains classements le placent devant la Scala de Milan ou l'Opéra de Paris. Un véritable joyau. Malheureusement, nous n'avons finalement pas pu le visiter. Il se faisait tard et tout le monde était fatigué. On n'a pu voir que l'extérieur du bâtiment, mais on vous met quand même une photo de la salle trouvée sur le net... Et on ne désespère pas de le visiter...

Teatro Colón 
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L'avenida 9 de julio serait l'avenue la plus large du monde, avec 125 mètres. Et c'est vrai qu'elle est large. Au milieu y trône un obélisque impressionnant. Nous continuons donc notre découverte de Buenos Aires sous un jour pluvieux !

BA : Buenos Aires, un cliché incontournable !  
Il est quand même grand celui-là...
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Construites au temps de la splendeur de l'Argentine, les Galerias Pacificó, en plus d'être des galeries commerçantes très huppées, sont de véritables joyaux, avec des ornements et une architecture splendides.

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Nestór et Cristina Kirchner ont dirigé l'Argentine pendant une douzaine d'années. D'abord Nestór (à partir de 2003), ensuite sa femme Cristina (de 2007 à 2015). Pendant leurs mandats, ils ont transformé un ancien bâtiment des Postes et Télécommunications en centre culturel : le CCK (Centro Cultural Kirchner).

Le bâtiment est impressionnant. Pas tellement de l'extérieur : il est imposant mais il ressemble à de nombreux autres bâtiments administratifs de la même époque. La surprise est plutôt à l'intérieur ! Sur près de 7 niveaux de salle de conférences et d'expositions, le bâtiment des postes englobe un immense cocon d'acier qui trône au milieu, comme caché du monde extérieur : une immense salle de concert symphonique. Il faut le voir pour le croire : impossible de le prendre en photo dans sa totalité, tant il occupe l'espace central du bâtiment.

Chaque salle d'exposition donne sur cet immense atrium occupé par un œuf métallique en suspension. Incroyable !

Une salle symphonique dans un cocon d'acier 


Le soir où nous l'avons visité, c'était la 'Noche de la Filosofia'. Un grand événement qui regroupe des philosophes du monde entier. Une partie du Centre culturel est consacrée aux enfants, avec une série d'ateliers et d'animations : dessin, projection, concerts... Des animations assez banales, sans grand intérêt artistique. Le Centre culturel d'Ittre a déjà fait beaucoup mieux en matière d'arts plastiques (mais bon, je ne suis pas le plus neutre pour pouvoir l'affirmer !), mais il faut bien reconnaître que les animatrices ont fait ce qu'elles ont pu avec un afflux impressionnant de dizaines d'enfants et de parents assoiffés de culture !!

Par contre, ce qui aura impressionné les enfants, ce sont les œuvres rencontrées aux autres étages du centre culturel. Particulièrement les 'Noeuds sauvages' de Jean-Michel Othoniel. Une série de nœuds mathématiques en verre, créés par l'artiste français, joignant les mathématiques à l'art... Splendides !

Autoportrait
'Nudos Salvajes' de Jean-Michel Othoniel 
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Quand on évoquait le Tango à Buenos Aires, j'avais surtout l'impression que c'était principalement une attraction touristique destinée aux étrangers. Et ce l'est probablement. Un peu partout dans la rue ou dans les guides touristiques, des publicités mettent en avant des spectacles de Tango, principalement destinés aux visiteurs de passage. Une chose était sûre, nous ne voulions pas de cela, même si la qualité technique des spectacles présentés est certainement impressionnante.

Mais on s'est aussi rapidement rendu compte que, même s'ils sont encore très peu à le pratiquer, le Tango fait partie de la vie des Porteños. Dans la rue, dans la culture, dans les spectacles humoristiques, dans les Milonga (genre musical de la pampa et de la culture gaucho). Hors contexte touristique, Buenos Aires vit aussi au rythme du Tango.

Au CCK, quand s'est présenté l'opportunité d'assister à un bal de 'Milonga', nous ne l'avons pas ratée. Pendant la 'Noche de Filosofia', au cœur de l'atrium du Centre culturel, sous le cocon d'acier, au milieu de quelques tables de brasseurs et de stands de street food, des dizaines de danseurs se balancent au rythme du bandonéon (sorte d'accordéon). Une belle atmosphère, presque une fête de village au milieu de ce temple de la culture.

Sous le cocon d'acier, un bal populaire de Milonga 

Alors que le bal bat son plein, la piste de danse se libère pour laisser la place au 'Clan Copello', les stars du tango argentin. Une famille de danseurs qui, depuis plusieurs générations, parcourt les scènes d'Argentine et du monde (Broadway notamment).

Entre élégance, séduction et acrobaties, le tango du Clan Copello 

Quand ils montent sur la piste de danse, l'ambiance tranquille du bal populaire fait place à une sorte d'hystérie joyeuse : les applaudissements redoublent et les interpellations enjouées des spectateurs font monter l'ambiance. C'est superbe autant qu'émouvant. Tant pour le show que pour l'atmosphère dégagée par le public qui entoure la piste. Quelle chance d'avoir pu vivre cela.